Optimisme et médias locaux : comment TL7 et Maestria valorisent la Loire et font rayonner le positif
Nom : Rémi PUPIER
Présentation : Directeur TL7 et Maestria Magasine
Lien : https://www.tl7.fr/ https://maestria-mag.fr/
Propos recueillis par Julien Russier le 25 novembre 2025
Julien RUSSIER – Peux-tu me dire ce qu’est, selon toi, le concept d’optimisme ?
Rémi PUPIER – L’optimisme, c’est voir le verre à moitié plein. C’est cultiver la joie de vivre, se contenter de ce que l’on a et s’autoriser le bonheur. En France, nous avons énormément de chance : des biens matériels, une éducation, un territoire agréable, la santé. Rien que cela, c’est déjà largement de quoi “kiffer” la vie. Sans se comparer, quand on mène une vie normale, qu’on mange, qu’on se chauffe, qu’on marche, qu’on sait compter, nager, faire du vélo ou du ski, c’est incroyable. Beaucoup de gens, ici ou ailleurs, manquent de tout, physiquement et moralement. Alors oui, il faut être optimiste : la vie est belle.
Ta vie professionnelle est très chargée avec TL7 et Maestria. Comment t’aides-tu de l’optimisme pour traverser les périodes difficiles ?
Je me dis que c’est une chance d’occuper ce poste. Mon métier consiste à apporter de l’optimisme, à mettre des coups de projecteur sur celles et ceux qui le méritent, à valoriser le positif. C’est l’ADN des médias que je dirige. Bien sûr, il y a des coups durs. Mais quand on accepte une mission, on assume ses inconvénients. Je relativise souvent avec une expression : “ce sont des problèmes de pays riches”. Quand tu retires ces problèmes-là, il n’en reste plus beaucoup. Oui, la clim qui tombe en panne, la chaudière qui flanche… Mais au fond, on a une chaudière : c’est déjà une chance. Cette façon de voir m’aide à avancer.
Le département de la Loire est magnifique, entre fleuve et montagnes, avec une vie culturelle et sportive riche.
Comment tiens-tu cette ligne éditoriale positive chez TL7 et Maestria, à rebours du catastrophisme ?
C’est notre ADN. Dans la Loire, on vit bien et il se passe mille choses. TL7 donne la parole aux associations, aux bénévoles, à celles et ceux qui parlent patrimoine, culture, environnement, insertion, handicap… Ces “petites mains” font une vie extraordinaire dans nos villes et villages, souvent dans l’ombre. Le département est magnifique, entre fleuve et montagnes, avec une vie culturelle et sportive riche. Notre rôle est de parler de l’économie locale, des chefs d’entreprise qui créent de l’emploi, prennent des risques, possèdent un vrai savoir-faire. Nous luttons contre le pessimisme ambiant : on a la chance d’être au cœur de la deuxième plus grande région de France, proche de tout, avec des gens chaleureux. Nous orchestrons ces forces pour mettre en lumière celles et ceux qui le méritent.
Pourquoi penses-tu que l’information penche si souvent vers le négatif ?
Les audiences. Partout, trois sujets cartonnent : les faits divers (glauques, tristes), la météo (épisodes extrêmes, barrage, neige), et l’ASSE dans la Loire. Si tu veux faire des vues, tu parles de drames. Nous, on relaie l’info quand il le faut, mais notre ADN, c’est de porter le territoire. Avec TL7, on est le premier média de la Loire et, sur les réseaux sociaux, on vise le top national pour les télévisions locales, avec plus de 100 millions de vues. Notre image dépasse la Loire.
Peut-on bâtir un média fort en restant optimiste ?
Oui. Les Ligériens sont chauvins et fiers de leur territoire, et notre savoir-faire rayonne bien au-delà : Rhône, toute la région, Paris, même la Belgique. Les histoires d’artisans, de métiers rares, de talents patients, performent très bien. Le positif attire aussi l’audience—mais je ne vais pas tout dévoiler.
Pourquoi avoir créé le magazine Maestria ? Quel est l’objectif ?
Maestria est né il y a dix ans avec Gisèle pour parler du territoire et de ses chefs d’entreprise. On va parfois chercher loin ce qu’on a à côté. Je privilégie le commerce de proximité plutôt que les grandes plateformes : soutenir l’économie locale, c’est un choix personnel et professionnel. Maestria montre que l’agroalimentaire, l’industrie, les services, la mécanique, la métallurgie, le bâtiment… fabriquent ici des pièces et des produits que l’on consomme sans le savoir.
Franchissez des portes, bousculez-vous un peu, osez.
Derrière chaque zone industrielle, il y a un vrai savoir-faire. Le magazine parle autant des personnes que des produits, crée du lien entre professionnels et valorise des pratiques responsables : inclusion, bénévolat, développement durable. Il est diffusé aux clubs d’entreprises (sectoriels et territoriaux) du nord au sud du département pour que tous se connaissent mieux.
Avais-tu cet état d’esprit dès l’enfance ? Comment a-t-il grandi ?
Oui. J’ai fait un CAP secrétariat, BEP compta, tenté une première d’adaptation en gestion avant un BTS commerce, puis j’ai fini par donner des cours à la fac en master. Le positif attire le positif. Si tu ne fais rien, tu ne prends jamais de coups—mais tu n’avances pas. Il faut accepter les échecs, apprendre et recommencer. “Revenir champion”, c’est recommencer.
Te décrirais-tu comme timide à l’origine ? Comment as-tu apprivoisé l’exposition médiatique ?
Mon objectif n’a jamais été de me mettre en avant, mais d’exposer les autres. À la télé, mon rôle est de faciliter, détendre, créer un climat de bienveillance pour que les invités s’expriment librement, naturellement, sans masque. Être souriant, simple, comme dans la vraie vie.
Quel message d’optimisme aimerais-tu transmettre en conclusion ?
Croquez la vie. Franchissez des portes, bousculez-vous un peu, osez. J’ai longtemps pensé que la radio serait plus difficile que la télé ; finalement, je suis resté près de dix ans à France Bleu Saint-Étienne Loire, toujours pour valoriser le territoire. On peut y arriver. Tentez, tout le monde en est capable. Exaucez vos rêves.