L’Optimisme comme Super-Pouvoir : Transformer l’Échec en Audace et Passer à l’Action
Nom : Michel POULAERT
Présentation : Conférencier C.S.P.
Lien : https://www.michelpoulaert.com
Propos recueillis par Julien Russier le 16 décembre 2025
Que représente pour toi le concept d’optimisme ?
Bien au-delà d’un concept, c’est avant tout un comportement psychologique, un mode de fonctionnement cérébral. Ce n’est pas une idée abstraite, c’est un mécanisme humain. J’aime dire que l’optimisme fonctionne un peu comme un filtre sur les réseaux sociaux : c’est une interprétation d’une représentation. Il y a ce filtre entre votre cerveau et le monde extérieur qui permet de retenir une information, de l’interpréter et de lui donner un sens positif pour passer à l’action. C’est le point crucial : l’optimiste ne se contente pas d’observer, cela lui permet d’agir.
J’ai réalisé que mon optimisme m’avait permis de vivre des histoires incroyables.
C’est un mode comportemental vital, comme les battements du cœur, qui nous permet d’appréhender le meilleur autour de nous. D’ailleurs, l’étymologie latine « optimus » signifie littéralement « le meilleur ».
Pourquoi en as-tu fait ton cœur de métier ?
J’ai découvert que c’était mon propre mode de fonctionnement et le sujet que je pouvais défendre le mieux. Au début de ma carrière de conférencier, je me suis inspiré de mentors comme Anthony Robbins, mais j’ai vite compris que ce n’était pas mon énergie. En faisant une introspection pour comprendre ce qui guidait ma vie et mes décisions, j’ai réalisé que mon optimisme m’avait permis de vivre des histoires incroyables. Mon entourage me disait souvent que je vivais des choses folles parce que je cherchais toujours le meilleur et que je voulais tester des choses. Ce fonctionnement m’a permis de vivre des événements extraordinaires, mais aussi de surmonter des moments dramatiques. J’ai compris que cette mécanique pouvait servir aux autres. C’est pourquoi je me présente aujourd’hui comme « Monsieur Optimisme » ou comme un « optimiste professionnel ».
Pour moi, plus tu échoues, plus c’est un indicateur que tu es audacieux
Comment l’échec peut-il nous servir pour être optimistes et passer à l’action ?
Il faut d’abord dédramatiser. Notre regard sur l’échec est très culturel, particulièrement en France. En voyageant, notamment dans les pays anglo-saxons, j’ai vu que l’échec y est perçu comme un apprentissage, une preuve d’audace et de courage. En France, on le cache, alors qu’ailleurs, on encourage à en parler. Ensuite, il faut comprendre que l’échec est inévitable. Nous tombons des milliers de fois avant de savoir marcher. Tout apprentissage est difficile et implique potentiellement l’échec. Pour moi, plus tu échoues, plus c’est un indicateur que tu es audacieux et que tu n’es pas resté passif dans ton canapé.
Quand on se lance, c’est évidemment pour réussir, personne ne vise l’échec. Mais l’optimiste sait que l’échec fait partie de l’équation. L’optimisme ne vous fera pas réussir à coup sûr, mais il vous aidera à rebondir. Ce qui compte, c’est le rebond : comment je me relève et quel sens je donne à mon histoire.
Quel est le lien entre l’audace et l’optimisme ?
C’est une boucle vertueuse. Comme l’optimiste croit au meilleur, il se lance plus facilement. Contrairement aux personnes trop « contrôlantes » qui attendent d’être parfaites ou d’avoir toutes les garanties, l’optimiste n’attend pas 100 % de certitude. 60 à 70 % lui suffisent, le reste s’acquiert dans l’action. L’espoir de réussite est plus fort que la peur de l’échec. Cela pousse à oser, à vivre de nouvelles expériences et parfois à découvrir des choses par accident, ce qu’on appelle la sérendipité. Au pire, on aura appris quelque chose.
C’est quand il pleut qu’il faut sortir le parapluie !
On te reproche souvent de vivre dans un monde de « Bisounours ». Que réponds-tu à ceux qui disent que la vie est difficile ?
On me le dit depuis que je suis petit ! Ce qui est amusant, c’est que ceux qui me demandent de revenir à la réalité sont souvent des pessimistes qui se croient réalistes. Or, les optimistes sont tout aussi réalistes : ils sont capables d’observer une situation, d’en évaluer les risques, mais ils choisissent une interprétation différente. Si tu considères un événement comme un drame, il le deviendra ; si tu le vois comme une opportunité, il y a de fortes chances qu’il le devienne. C’est quand il pleut qu’il faut sortir le parapluie : c’est justement dans la difficulté qu’il faut faire appel à l’optimisme.
Nous ne vivons pas dans un monde de Bisounours. Il y a des horreurs, des attentats, des gens malveillants, et cela m’indigne comme tout le monde. Mais est-ce une raison pour occulter tout le positif ? Rationnellement, le monde va mieux qu’il ne va mal, et il y a plus de gens bons que de mauvais. Si on ne regarde que les actualités anxiogènes, nourries par des algorithmes qui flattent notre peur, on finit par croire que tout est noir. Ce n’est pas être naïf, c’est être conscient que le monde va mal, mais choisir d’en retenir le meilleur.
L’optimisme et la rationalité sont-ils contradictoires ou complémentaires ?
La rationalité est l’observation neutre d’un événement, sans interprétation (par exemple : « il y a un accident »). Dès qu’on y met de l’émotion ou du sens, on n’est plus dans la rationalité pure. Notre cerveau interprète en permanence, et notre mémoire transforme même les souvenirs avec le temps. Être rationnel, c’est voir les faits. L’optimisme intervient ensuite dans l’interprétation que l’on choisit de donner à ces faits.
Étais-tu déjà ce « trublion » lorsque tu étais enfant ?
Oui, je passais beaucoup de temps dans le couloir ! J’étais le trublion qui faisait rire, le « Louis de Funès » de la classe. Mais j’étais aussi un moteur : le plus enthousiaste lors des projets, celui qui entraînait les autres. J’ai toujours eu cette capacité à tirer le groupe vers le haut.
Comment s’est fait le passage vers la scène ?
C’est la somme de mon vécu qui a rendu cette décision naturelle. J’ai fait 15 ans de théâtre, j’ai toujours aimé inspirer et entraîner les autres, et je me suis nourri de discours inspirants. Ce n’est pas arrivé du jour au lendemain, mais mon parcours de vie a rendu cette orientation vers la conférence évidente.
Prends-tu toujours le même plaisir à monter sur scène ?
Absolument. Je ne connais presque pas le trac, car j’ai surtout hâte d’y aller. Le trac vient du dialogue intérieur négatif. Moi, je suis enthousiaste. J’ai un peu le trac uniquement quand je teste une nouvelle conférence ou qu’il y a de grands enjeux, mais globalement, je ne me lasse jamais des applaudissements et de l’échange avec le public.
La vie est comme un trajet en TGV : des gens montent, s’assoient à côté de vous, puis descendent.
Un optimiste ne risque-t-il pas de souffrir de sa lucidité ou d’être déçu par les gens ?
Les optimistes cherchent le meilleur chez les autres et peuvent être violemment déçus quand on leur plante un couteau dans le dos. J’ai vécu beaucoup de trahisons. Ce qui m’a aidé, c’est de comprendre que je ne suis pas responsable des actions des autres. La vie est comme un trajet en TGV : des gens montent, s’assoient à côté de vous, puis descendent. Les relations ne sont pas toujours acquises.
À un moment, ces déceptions m’ont rendu aigri, je ne voulais plus voir personne. Mais j’ai réalisé que cela me rendait malheureux. J’ai donc choisi de ne plus faire dépendre mon bonheur du regard des autres ou de leurs actions. Aujourd’hui, j’ai construit une vie qui me satisfait suffisamment pour ne plus avoir besoin de cette validation extérieure. Si les gens veulent être dans ma vie, tant mieux, sinon, je continue mon chemin.
Quel est le message principal que tu souhaites transmettre ?
Nous sommes responsables de notre vie. Nous ne choisissons pas ce qui nous arrive, mais nous choisissons ce que nous en faisons : fuir, subir ou transformer. Si votre vie ne vous convient pas, agissez. Comme le dit l’adage : « Tu n’es pas un arbre, bouge ».
Nous sous-estimons trop souvent notre capacité à rebondir. Il faut se faire confiance. Se lancer fait peur car c’est nouveau, mais qu’est-ce qu’on risque ? Au pire, ça réussit !