Ultra haute définition
La course à la haute définition sur nos écrans numériques fait rage. De nos téléphones high-tech
jusqu’à nos téléviseurs, tout est question de qualité d’image. HD, Ultra HD, 4K et maintenant 8K, tout
se situe dans les détails. La haute définition n’est en réalité que la plus grande quantité possible
d’un même élément élémentaire sur une même surface, le pixel. Plus il y en aura, et plus l’image
sera détaillée, et donc réaliste. Souvenons-nous de ces premiers jeux vidéo, Pac-Man, Space
Invaders, Mario Bros et j’en passe, dont les contours n’étaient que de gros carrés colorés.
Aujourd’hui, certains jeux sont tellement réalistes qu’on ne peut même plus, du premier coup d’œil,
identifier s’il s’agit ou non d’un film. Plus il y a de détails et plus la qualité d’immersion est forte.
Plus il y a de détails, et plus il peut y avoir des nuances.
La langue française dispose d’un vocabulaire haute définition avec une palette de détails et de
nuances invraisemblable. Nous pouvons littéralement tout dire avec une précision hors norme.
Mais nous assistons à une terrible pixélisation de notre communication. Tout est outrageusement
réduit à quelques mots à la mode. Il y a peu de richesse dans nos échanges. Cela s’entend et cela se
voit. Dans nos entreprises, nous utilisons le vocabulaire à la mode et nous oublions les mots. Nous
donnons des noms de profil ou des couleurs aux collaborateurs pour pouvoir les manager. Mais
comment peut-on résumer un individu à une couleur parmi seulement quatre ? Toute notre société
fonctionne comme cela et nous disposons de si peu de pixels pour créer des belles images.
J’aimerais tant que nous puissions trouver le chemin du détail, de la précision.
La tâche me semble ardue car cela nécessiterait d’apprendre à parler en haute définition et surtout, apprendre à écouter en haute définition.
Mais finalement, pourquoi pas ?